samedi 31 juillet 2010
Le sujet de la discussion
samedi 31 juillet 2010 - Philosophie
Chaque sujet forme une partition du monde : le soi, et le non-soi. La limite entre les deux, tension infiniment fine, est rarement explicitée car elle n'a de réalité que dans notre perception et interprétation de ce "monde" perpetuellement dualisé.

On parle courament du sujet de la discussion, lui créant ainsi un soi avec un intérieur et un extérieur, tout ce qui ne "rentre pas dans la discussion". Sans plume un cochon ne vole pas.
En la présentant ainsi nous voyons qu'une discussion devient un objet, avec ses contours. ( ( ) ( ) ) ( ( ( ( ) ( ) ) ) ) ( ( ) ( ) ( ( ( ) ( ) ( ( ( ) ( ) ) ) ( ) ) )
Je suis alors le sujet, en prenant part au discours je crée des objets dont les contours changent pour chaque auditeur qui les imagine à son tour.

Les limites du Je sont plus difficiles à faire. Nous faisons courament unité entre le soi mental et le corps. Pourtant un enfant à trois bras n'est pas plus lui-même qu'un autre enfant à deux bras. De la même manière un enfant à un bras n'est pas moins lui-même qu'un enfant à deux bras. Pourtant un enfant qui perd ou gagne un bras devra réajuster les contours de son Je.
Cela montre que nous apprenons. Nos contours sont plastiques et absorbent les technologies utilisables. Cette machine qui me permet d'écrire ce sont des mètres de câbles formés en cellules me permettant de contrôler le mouvement d'architectures fines d'os par la contraction de muscles, alimentés par une circulation continue de sang et défendu par un complexe système immunitaire. Je contrôle cette technologie à un point tel que je ne la vois plus comme extérieure à moi.
Il en est de même pour le langage : il est le corps de ma pensée. Navigue de mon cerveau à ma colonne vertébrale à mes doigts, au clavier, à la RAM, au routeur wifi, au FAI, au serveur web de ce blog, à votre écran, à la rétine de vos yeux ou bien des cils de vos oreilles grâce à une synthèse vocale.
Nous voyons de moins en moins toutes ces technologies intermédiaires qui travaillent dur pour faire corps avec notre pensée.
Elles deviennent les extensions variables d'un Je dont les contours suivent temporellement tout ce qui se relie aux ports plug & play que sont nos mains, nos yeux et nos oreilles.

