Je ne suis pas mort.
Je suis allergique de longue date. Bébé déjà j'ai manqué d'en mourir plusieurs fois. D'abord de manière inconsciente puis de plus en plus consciemment, j'ai pendant toute mon enfance eu la présence de la mort dans mon esprit, et la volonté de vivre par mon esprit, mon corps étant un élément faillible (je sais maintenant que l'esprit fait partie du corps). Vivre était pour moi l'insaisissable, un peu comme le concept de la mort, qui me dépassait complètement.
Du coup l'insaisissable de la vie passe forcément par la fête et c'était tout à fait le cas samedi dernier =) et c'était excellent ! Et il m'en est resté quelque chose d'excellent, jusqu'à ce que mon corps se rappelle de me faire souffrir le lendemain car il avait trouvé quelques molécules déplaisantes... quel sale con ! Le pire c'est qu'il ne me laisse même pas la possibilité de réparer cela et de les faire disparaître (les molécules, sûrement de la salive chat en l'occurrence) puisque cet enfoiré se met en grêve, mais d'une manière pour le moins insidieuse.
Autrefois c'était simple : quand j'étais en crise, mon corps déclenchait une réaction immunitaire violente (oedeme, inflammation, irritation, contraction des bronches etc) et au pire j'en étais réduit à regarder la télé avec un masque qui envoie de la ventoline, ayant auparavent ingéré des anti-histaminiques et de cortico-stéroïdes bien destructeurs, ce qui calmait le tout assez radicalement. Mais récemment, depuis un an ou deux, j'observe des changements quantitatifs et qualitatifs : mes réactions sont moins fortes, d'ailleurs je n'ai pas été à l'hôpital depuis des années bien que j'aie arrêté tout traitement de fond, contre l'avis des tous les médecins que j'ai vu (au passage je m'en porte très bien et ne plus prendre de corticoïdes quotidiennement augmente certainement mon espérance de vie) mais ayant diminué, ces réactions deviennent d'une autre nature : j'ai moins d'asthme mais plutôt une irritation des yeux, du nez, de la gorge. Et parfois des altérations mentales terribles. Ces derniers jours ça a commencé par un peu d'asthme et une incapacité à prendre les décisions d'agir pour éliminer l'allergène, et ça s'est fini hier en quasi-absence d'asthme et en folie pure.
J'ai l'impression qu'aussi bien le lait que l'épithélium de chat en dose homéopathique cesse de me causer une réaction physiologique mais commence à avoir une action psychologique forte. Cela ne me cause plus ou pas autant d'asthme et d'irritations des yeux, du nez, de la gorge. À la place je deviens fou. C'est comme si une partie de mon cerveau s'arrêtait de fonctionner, comme si elle arrêtait de faire partie de moi et même si je peux l'observer elle cesse d'être sous mon contrôle. Dans plusieurs de ces crises "infra-allergiques" j'ai eu ces affections qui sont terribles sur le moment : montées d'émotions/sensations incroyables (abandon, agressivité, tristesse, malformation) et une incapacité complète à prendre du recul avec celles-ci. Heureusement ces maux sont terribles sur le moment mais passent presque aussi vites qu'ils sont apparus; parfois en quelques heures, cette fois-ci en quelques jours.
Quand je pourrai supprimer mes émotions je le ferai. Pour l'instant j'en suis encore l'esclave et les provoquer de manière contrôlée n'est pas quelque chose de facile.