mercredi 9 décembre 2009
La Bruyere
mercredi 9 décembre 2009 - Liberté
Extrait de mails...
Moi :
Connais-tu cet écrivain, La Bruyere ?
J'aime beaucoup ça :
« L’étude des textes ne peut jamais être assez recommandée ; c’est le chemin le plus court, le plus sûr et le plus agréable pour tout genre d’érudition ; ayez les choses de première main ; puisez à la source ; maniez, remaniez le texte ; apprenez-le de mémoire ; citez-le dans les occasions ; songez surtout à en pénétrer le sens dans toute son étendue et dans ses circonstances ; conciliez un auteur original, ajustez ses principes, tirez vous-même les conclusions ; les premiers commentateurs se sont trouvés dans le cas où je désire que vous soyez : n’empruntez leurs lumières, et ne suivez leurs vues, qu’où les vôtres seraient trop courtes ; leurs explications ne sont pas à vous, et peuvent aisément vous échapper ; vos observations au contraire naissent de votre esprit et y demeurent, vous les retrouverez plus ordinairement dans la conversation, dans la consultation et dans la dispute. Ayez le plaisir de voir que vous n’êtes arrêté dans la lecture que par les difficultés qui sont invincibles, où les commentateurs et les scoliastes eux-mêmes demeurent courts, si fertiles d’ailleurs, si abondants et si chargés d’une vaine et fastueuse érudition dans les endroits clairs, et qui ne font de peine ni à eux ni aux autres. Achevez ainsi de vous convaincre par cette méthode d’étudier, que c’est la paresse des hommes qui a encouragé le pédantisme à grossir plutôt qu’à enrichir les bibliothèques, à faire périr le texte sous le poids des commentaires ; et qu’elle a en cela agi contre soi-même et contre ses plus chers intérêts, en multipliant les lectures, les recherches et le travail qu’elle cherchait à éviter.» -- La Bruyère
Bisous,
Réponse :
Bien sûr que je connais La Bruyère! Il fait partie de ces penseurs qui ont préparé l'avènement des Lumières. J'aime aussi beaucoup ce texte. Ceux qu'il appelle les scoliastes correspondent exactement à ceux que je nomme les propagateurs de la *pensée morte*, ceux qui aseptisent l'innovation, par leur discours doctes et insipides, pour la rendre acceptable, privée de son contenu essentiel, à la grande masse des endormis conservateurs.
La Bruyère n'a pas été au sens propre un novateur contestataire de son époque, mais par sa rigueur, son exigence, en particulier sur la langue française (c'est un grand styliste), il a vraiment contribué au développement des "idées claires", du contenu limpides des philosophes de son temps et du 18ème.
Si tu découvres aujourd'hui et par toi-même La Bruyère : MORT A CES PUTAINS DE PROFS DE FRANÇAIS DU SECONDAIRE !!!
>=D