lundi 30 novembre 2009
Limite sémantique
lundi 30 novembre 2009 - Science
De quoi Alice et Bob ont-ils besoin pour communiquer, d'un point de vue formel ?
Pour moi si Alice veut envoyer un message à Bob, déjà il lui faut un message. Si elle n'a rien à dire, elle aura du mal à communiquer.
Ensuite il lui faut un media. Auditif, visuel, électronique, ... un support sur lequel elle peut agir et que Bob pourra percevoir, la surface de ses yeux par exemple ou les cils de ses oreilles internes.
Troisièmement il lui faut une sémantique qu'elle partage avec Bob, quelque chose qui lui garantit que quand Bob recevra le média il comprendra le même message. Si c'est un texte il vaut mieux qu'ils parlent la même langue, avec le même alphabet. Tous les malentendus du monde se trouvent ici : derrière un même mot se cachent plusieurs sens. C'est aussi l'art de la manipulation : changer le sens d'une même représentation.
Elle peut alors créer une représentation de son message sur un média en espérant que Bob partage une sémantique la plus proche possible lorsqu'il le lira.
Pour s'en assurer, ou pour pouvoir exprimer des choses plus complexe, Alice peut inclure une partie de la sémantique dans son message. Elle peut expliquer le sens d'un mot si elle pense que Bob pourrait ne pas le connaître. Elle pourrait envoyer un alphabet différent, expliquer comment interpréter la suite de son message. Ainsi elle réduit le nombre de choses à partager ce qui peut aider à réduire les malentendus.
C'est exactement le but de la programmation : étendre la sémantique du langage grâce au langage lui-même. Ce concept est limité aux fonctions et aux classes dans la plupart des langages issus du C, ou peut s'étendre à presque toute l'étendue des formes du langages, en Lisp par exemple. En Lisp c'est la sémantique du compilateur lui-même qui est étendue par le programme en fait !
Lisp rules.